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Lukas Richarz
Du 13 Mars au 18 Avril 2026

Au centre était le bol

Lukas Richarz (né en 1984) aime expérimenter. Depuis 10 ans, il mène assidûment une recherche sur le bol, « un objet manipulable par le regard et les mains, que je peux dominer et contempler à loisir, comme on surplombe une maquette architecturale », dit-il. 

Titulaire d’un BTS d’arts appliqués en design d’espace et diplômé de l’École des beaux-arts de Caen, sa ville natale, Lukas Richarz a découvert la terre lors d’un long séjour en Australie, grâce à sa rencontre avec la céramiste Alexis Tacey, formée par l’illustre Yoshida Yoshihiko (né en 1936), qui l’a invité à essayer le tour et cuire quelques pièces dans l’atelier de l’université du Queensland où elle enseignait. 

De retour en France, une succession de rencontres l’ont incité à persévérer. Des liens se créent, des amitiés naissent. Renaud Régnier, directeur du musée de La Borne lui a ainsi prêté un tour fabriqué par Philippe Godderidge. 

Les bols en grès qu’il expose à la galerie R.J témoignent aussi de sa réflexion sur l’émail.

« C’est important pour moi d’avoir un beau noir et un beau blanc dans une recherche de sobriété, poursuit le céramiste. […] Je fais de plus en plus intervenir des cendres soit dans la constitution de l’émail soit déposées à même l’argile avant la cuisson. »

Petite singularité, ses bols sont cuits à l’envers et le pied n’est jamais négligé. Ni dans sa conception ni dans l’émaillage.

Influencé par sa formation en design d’espace, Lukas Richarz est aussi très attentif à la mise en place de ses pièces. Il consacre beaucoup de temps à la réflexion et à la fabrication de supports à leur service, « Les bols sont un prétexte pour réfléchir à ce qu’il y a autour, et au mode de présentation » confie-t-il. Ils sont ici accompagnés d’un dessin original présenté dans un cadre en céramique. Un « petit objet curieux et humoristique » selon ses mots, et de photographies d’Anthony Girardi. 

À terme, Lukas Richarz compte développer l’accompagnement sonore de ses bols avec un dispositif d’écoute pour «provoquer l’attention la plus juste à l’objet».

Adélaïde Robault

Article écrit pour la Revue de la Céramique et du Verre, numéro Mars/Avril 2026.

Photographie © Anthony Girardi.