Au centre était le bol
Lukas Richarz (né en 1984) aime expérimenter. Depuis 10 ans, il mène assidûment une recherche sur le bol, « un objet manipulable par le regard et les mains, que je peux dominer et contempler à loisir, comme on surplombe une maquette architecturale », dit-il.
Titulaire d’un BTS d’arts appliqués en design d’espace et diplômé de l’École des beaux-arts de Caen, sa ville natale, Lukas Richarz a découvert la terre lors d’un long séjour en Australie, grâce à sa rencontre avec la céramiste Alexis Tacey, formée par l’illustre Yoshida Yoshihiko (né en 1936), qui l’a invité à essayer le tour et cuire quelques pièces dans l’atelier de l’université du Queensland où elle enseignait.
De retour en France, une succession de rencontres l’ont incité à persévérer. Des liens se créent, des amitiés naissent. Renaud Régnier, directeur du musée de La Borne lui a ainsi prêté un tour fabriqué par Philippe Godderidge.
Les bols en grès qu’il expose à la galerie R.J témoignent aussi de sa réflexion sur l’émail.
« C’est important pour moi d’avoir un beau noir et un beau blanc dans une recherche de sobriété, poursuit le céramiste. […] Je fais de plus en plus intervenir des cendres soit dans la constitution de l’émail soit déposées à même l’argile avant la cuisson. »
Petite singularité, ses bols sont cuits à l’envers et le pied n’est jamais négligé. Ni dans sa conception ni dans l’émaillage.
Influencé par sa formation en design d’espace, Lukas Richarz est aussi très attentif à la mise en place de ses pièces. Il consacre beaucoup de temps à la réflexion et à la fabrication de supports à leur service, « Les bols sont un prétexte pour réfléchir à ce qu’il y a autour, et au mode de présentation » confie-t-il. Ils sont ici accompagnés d’un dessin original présenté dans un cadre en céramique. Un « petit objet curieux et humoristique » selon ses mots, et de photographies d’Anthony Girardi.
À terme, Lukas Richarz compte développer l’accompagnement sonore de ses bols avec un dispositif d’écoute pour «provoquer l’attention la plus juste à l’objet».
Adélaïde Robault
Article écrit pour la Revue de la Céramique et du Verre, numéro Mars/Avril 2026.
Photographie © Anthony Girardi.

