Sous le ciel inaperçu de nos mains
Pascal Casson - Philippe Godderidge
Du 28 Août au 03 Octobre 2026

Chez Pascal Casson comme chez Philippe Godderidge, le matériau n’est pas un simple support : il est le point de départ, le partenaire et parfois même le véritable sujet du travail.

L’un explore les possibilités du papier, de la toile ou du yupo ; l’autre prépare ses propres terres et élabore ses propres émaux. Tous deux expérimentent, cherchent, recommencent. Au commencement, il y a une part d’inconnu : la nature du papier, la réaction de la terre, la texture, la résistance ou l’accident déterminent les voies qui pourront être empruntées. Il s’agit moins d’imposer une forme au matériau que de lui permettre de faire émerger son propre langage.

Peu à peu, leurs pratiques se sont resserrées autour d’un geste essentiel, débarrassé de toute démonstration technique. Ici, pas de virtuosité recherchée, pas d’effet spectaculaire, pas de sophistication des outils. Les moyens sont simples, presque rudimentaires, afin de laisser toute sa place à ce qui peut advenir.

Cette simplicité n’est pourtant jamais synonyme de facilité. Elle ouvre au contraire un espace de disponibilité, où chaque résultat demeure possible et où la surprise devient une composante essentielle du travail. Le geste se fait dépouillé, direct, mais chargé de ce qui le précède : le temps passé à expérimenter, les hésitations, les recommencements, les choix, les découvertes.

Chez l’un comme chez l’autre, le désir et le travail permettent ainsi d’aller progressivement vers quelque chose de plus intime. En laissant la matière résister, répondre et parfois déjouer leurs intentions, Pascal Casson et Philippe Godderidge font émerger des formes qui semblent simples au premier regard, mais qui portent en elles une histoire, une mémoire et une profondeur singulière.

« Sous le ciel inaperçu de nos mains », titre emprunté à Thierry Metz, évoque à la fois la simplicité du geste et tout ce qui peut se révéler dans le travail de la matière.